Niché au nord du département du Gard, dans la vallée de la Cèze, La Roque-sur-Cèze est un village de caractère perché sur un piton rocheux dominant la rivière.
Ce cadre naturel d’exception, allié à une architecture préservée, confère au village une harmonie rare.
Classé parmi les « Plus Beaux Villages de France », La Roque-sur-Cèze séduit par son authenticité et son patrimoine remarquable.
Au fil des ruelles et des pierres anciennes se dessine une histoire riche, façonnée par les siècles.
Nous vous invitons à découvrir l’histoire de notre village à travers les panneaux historiques présent sur l’itinéraire de découverte ou à travers cette page.
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Le 26 août 1944, vers 10 heures du matin, le village de la Roque-sur-Cèze faillit être totalement détruit par un bombardement aérien, alors que Bagnols-sur-Cèze, en liesse, fêtait sa libération par les hommes du commandant Vigan-Braquet et l’avant-garde de la 1ère division blindée du général de lattre de tassigny. De la joie pour les uns, des larmes pour les autres !
L’aviation alliée avait intensifié ses attaques afin de désorganiser le repli de la XIXe armée allemande, sous les ordres du Général Friedrich Weise, en bombardant tous les ponts de la Vallée du Rhône. Plusieurs avions alliés allaient lâcher 6 bombes, quatre sur le village, deux sur la rive gauche de la Cèze. Gênés par les collines environnantes dans leur approche de l’objectif à détruire, la cible avait été ratée. Deux maisons furent totalement détruites, ainsi que l’épicerie du village, l’église et plusieurs bâtiments gravement endommagés. Il y a eu deux morts, le frère sur la rive gauche et la soeur sur la rive droite, ainsi que des blessés : bilan humain bien lourd pour une cible manquée et classée aujourd’hui Monument Historique.
L’approvisionnement en eau a toujours été un problème pour la Roque-sur-Cèze. Une solution fut trouvée peu après la révolution, grâce au captage d’une petite source dans le vallon du chemin de Bellefeuille.
Une placette ronde, avec une fontaine octogonale en son milieu, fut alors construite, puis remplacée, au début du XXe siècle par un abreuvoir moins sensible au gel. En 1862, à l’initiative du maire, Monsieur Roux, la commune achète l’aire à battre le blé située côté sud, pour la réalisation d’une « promenade » agrémentée de bancs de pierre et de platanes. Sur cette promenade fut ensuite édifiée la Mairie, puis l’école 30 ans après (1893). L’actuelle place de Mairie était la cour de récréation de l’école communale, et le dimanche, le lieu où les joueurs de boules mesuraient leur adresse au jeu dit « à la longue ». Pendant l’été, cette place était un lieu d’échange très animé, car le faible débit de la fontaine entraînait une longue attente, mise à profit pour commenter les nouvelles. Les enfants y étaient aussi de corvée !
« Ce que femme voudra, son mari le fera » (vieux dicton)
C’était au début du XIXe siècle. Les femmes se plaignaient auprès de leur époux, car aller laver le linge dans la Cèze et remonter au village lourdement chargées, était une corvée pénible et épuisante. En 1841, Monsieur le Marquis Deydié de Grémian, assisté du maire Benoit Camproux, suggère la création d’un lavoir, situé au-dessous de la fontaine approvisionnée par la source Font-Laure. Le Marquis décide d’offrir une grande partie de ses indemnités touchées en compensation des dégâts occasionnés par les crues de la Cèze. Devant cet acte de générosité, et, certainement poussés par leurs épouses, les contribuables du village décidèrent, bon gré mal gré, de l’imiter, finançant ainsi les travaux.
Le lavoir sera terminé en 1843 !
Le Compoix de 1527, rédigé en langue d’Oc, nous apprend qu’existait déjà une maison sur cet emplacement. Ce n’est qu’au XIXe siècle que la bâtisse s’enrichit de ses arcades et prit son aspect actuel. Elle appartenait à la famille Camproux, dont le père, puis les deux fils, furent successivement maires du village.
Dans l’Entre-deux-guerres, Mademoiselle Georges et son amie Marie, sœur du célèbre écrivain Albert Thibaudet, y établirent « Le Foyer », institution pour jeunes filles. Par la suite, elles y accueillirent les grands intellectuels de l’époque, dont Clara Malraux, Jacques Rivière, Francis Ponge et le Parisien né à Nîmes Jean Paulhan (1884-1968). Grand résistant, directeur chez Gallimard de la Nouvelle Revue Française, il eut une intense activité au service des plus grands auteurs du XXe siècle. Ecrivain lui-même, il fut élu à l’Académie Française en 1963.
Ces deux tours furent édifiées au moyen-âge pour abriter la garnison qui défendait le fort, construit entre rocher abrupt, le rempart et le pont médiéval.
Après l’ouverture des murs, elles devinrent logement ou dépendance d’une ferme. Au début du XXe siècle, elles étaient appelées « tours de Saint-Etienne », du nom de leurs derniers occupants. Abandonnées et en très mauvais état, elles furent achetées en 1951 par Jean Palou, qui y créa son éphémère « théâtre des ruines ». Après le décès de Palou, de nouveau délaissées, en ruine, elles furent achetées en 1986 et restaurées par l’association « La Roca ». La tour sud conserve son dispositif de défense moyenâgeux. La tour nord abrite un important pigeonnier, riche de 250 boulins, témoignage du passé céréalier du village. Elles restent aujourd’hui un lieu culturel.
Cet édifice religieux sera terminé en 1883, grâce aux relations du curé Polycarpe Hubac (1839-1910), aidé par le maire Ernest Roux. De nombreux habitants apportent leur contribution financière, et ne ménagent pas leur peine en offrant le travail de leurs bras.
Toujours sous l’impulsion du Père Hubac (curé de la paroisse pendant 18 ans) et grâce aux dons des fidèles, la superbe Croix de mission, portant les symboles de la passion du Christ, sera érigée en 1877, à la suite de la visite, en mission, du Père Charles Martel (1816-1899) de la Société de Jésus.
L’église, endommagée par le bombardement d’août 1944, sera restaurée une première fois après-guerre, puis en 2012, à l’initiative du maire Edmond Jouvenel et grâce à une souscription des habitants du village.
Depuis 2012, l’association ASPR (Association de Sauvegarde du Patrimoine Roquairol) finance la restauration des tableaux et des statues grâce aux offrandes.

Le château et sa chapelle castellane ont été édifiés au XIIe siècle, dans un but plus défensif que résidentiel.
Pillé par les Tuchins en 1382 et brûlé par les Huguenots en 1573, le château a subi des transformations et des extensions, mais son imposant donjon quadrangulaire (première structure fortifié existante), surmonté de deux échauguettes, demeure bien visible. Propriété de différentes familles de la région (les La Gorce, Vallat Saint-Roman, Deydié de Gremian, notamment), il fut habité jusqu’au milieu du XIXe siècle. Tombé en ruines, il fut reconstruit dans les années 1960 par M. Creuzevault, pour une grande partie.
La chapelle (avec son cimetière contigu), consacrée par l’évêque d’Uzès en 1156, a échappé aux dégradations successives du site pour garder ses caractéristiques d’origine. Elle a été église paroissiale du village jusqu’à la construction de la nouvelle église, en 1883 en bas du village. Depuis le belvédère, à droite de l’esplanade, on peut observer son chevet orné de dents d’engrenage, motif récurrent du style roman.
De nos jours, le château et la chapelle sont une propriété privée
Le pont dit « Charles Martel »
Construit pour assurer le passage de la route reliant Uzès à Pont-Saint-Esprit, principal débouché de l’ancien évêché sur la vallée du Rhône, il a une longueur exceptionnelle de 155 m, supérieure à celle du pont de Bagnols, ou du pont Saint-Nicolas, sur le gardon.
Le pont est bâti directement sur le rocher. Pour résister aux assauts des crues de la Cèze, cet ouvrage, de 12 arches en plein cintre, est doté de robustes becs à l’avant et à l’arrière des piles. Cette solidité fut mise à rude épreuve lors de la crue centennale de 2002 qui l’a partiellement submergé. Le pont a été restauré en 2014.
D’autres crues plus anciennes ont emporté les arches aux deux extrémités du pont. Les deux arches rive droite furent intégralement reconstruites en 1613, grâce à l’aide des États du Languedoc. D’après le Chartier de La Roque, le début de la construction de ce pont remonte au XIIIe siècle, avec la participation des chartreux de Valbonne. Le pont était sous la garde du château féodal de La Roque fondé au XIIe siècle, époque à laquelle les familles de Sabran et de Gardies contrôlaient la seigneurie de La Roque, avec pour suzerain l’évêque d’Uzès.
* Doit-il son nom :
À Charles Martel (690-741) … dont le passage dans les parages est loin d’être avéré ?
Au père Charles Martel (1816-1899), l’un des personnages marquants de l’histoire de la Roque-sur-Cèze ?
Le mystère reste entier !